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vendredi 27 juillet 2012

Transat retour deuxième partie


Galère, galère, galère…

Selon les prévisions météo, tout devait jouer en notre faveur, soit un vent pour nous amener au nord puis du vent d'ouest pour nous pousser jusqu'à l'embouchure de la Gironde, en évitant le cœur du le golfe de Gascogne. Nous devions en avoir pour une bonne semaine afin de parcourir les 1'400 miles estimés. Mais la réalité fut bien différente.

Nous avons quitté Terciera le 12 juillet à 8 heure, au moteur afin de se dégager de l'île et trouver une brise nous poussant à plus de 7 nœuds nord-est. Tout a bien marché pendant 3 jours. Puis plus de vent, alors 8 heures de moteur pour continuer au nord dans le but de ne pas arriver trop tard afin de prendre le train du vent d'ouest prévu.
Nous remettons les voiles mais n'avançons plus aussi vite, et le 19 juillet les vents faiblissent, pour atteindre une moyenne de 3.85 miles/heure.
Puis plus de vents favorables, mais un vent de face (alors que nous aurons dû l'avoir dans le dos) du coup nous ferons 37 heures de moteur… Le moteur nous permet de pas trop tanguer avec la houle résiduelle, et nous ne pouvons plus nous permettre de retard, le compte à rebours pour le retour au travail/à la réalité a commencé…
Le 22 juillet nous pouvons remettre les voiles, mais nous avons tendance à faire des bords au large des côtes françaises… et le 23 comme par orgueil, le vent se lève et nous profitons d'une dernière journée de navigation avec des pointes à plus de 8 nœuds.
Bref après 11 jours et 19 heures, juste avant l'aube, nous mouillons à l'entrée de l'estuaire de la Gironde.
Pour cette dernière traversée, l'expression "le cheval sent l'écurie" est loin de s'y appliquer. A croire qu'Aloha, ne voulant pas se retrouver à sec et seul, s'est associé le concours de Eole pour nous garder en mer…

D'une part à cause de ces conditions de navigation, et aussi avec la perspective d'une fin d'aventure, l'ambiance sur le bateau est de plus en plus tendue… Si les parents et Farah trouvent à s'occuper, Robin est désœuvré et dit sans cesse "j'sais pas quoi faire", mais il refuse toutes les activités proposées… dur dur…

Note positive, nous avons croisé à de nombreuses reprises des baleines (nos premières depuis le début de l'aventure), des orques et dauphins. Les baleines nous les avons aperçues de loin. On les repère grâce à leurs jets. Elles sont loin, dommage, mais parfois on aperçoit un dos. Les orques passent plus près, et on aperçoit bien leurs ailerons dorsaux. Enfin, les dauphins viennent comme d'habitude, jouer avec l'étrave du bateau.
Je suis toujours hallucinée en observant ces mammifères (baleines et orques) pensants des tonnes onduler si lentement à la surface. C'est vraiment magique.

Autre rencontre, deux jours avant notre arrivée, nous croisons une course au large. En pleine Atlantique Nord, plus d'une dizaine de bateaux sont sous spi direction le sud. Là au milieu de nul part, il nous faut réfléchir aux priorités! Qui doit abattre, qui doit lofer pour laisser passer l'autre voilier!

Dans les derniers jours avant notre arrivée, nous voyons croiser au large, plusieurs cargos, pétroliers… nous sommes sur la route des bateaux du nord de l'Europe allant vers le sud, l'Asie… Nous croiserons même la route d'un 4 mâts, qui rentre certainement du grand rassemblement des vieux gréements de Brest.

A l'approche des côtes, de nuits, nous voyons une multitude de feux de bateaux, certainement des pêcheurs. Nous devons affaler les voiles, terminer notre parcours au moteur pour rejoindre l'entrée de l'estuaire de la Gironde. Nous mouillons pour 3 heures proche de l'entrée du port de Royan en attendant le levé du jour pour accéder à la marina. Dès maintenant nous devons prendre en considération les marées, et ceci pour la première fois depuis an!

Dans moins d'une semaine nous serons de retour à Genève…


Terciera


Nous ancrons dans la baie de Angra do Heroismo, sur l'île de Terciera le 5 juillet. Malade, depuis le départ de Sao Jorge, je reste clouée au lit 2 jours.

Gil et les enfants visiterons la ville, qui diffère de toutes celles que l'on a visité aux Açores (sauf peut-être Velas). Cette ville est grande, animée. Les immeubles sont plus imposants et plusieurs rues sont piétonnes. De toute part, la ville est protégée par des forteresses.
Toutes les fins d'après-midi et les soirées, nous entendons à intervalles irréguliers des pétards puissants ne venant pas tous du même endroit. La ville est en fête, et des fêtes sont organisées dans les quartiers, chez les privés… Il y a plusieurs étapes dans ces fêtes, et les coups de fusils, ou les fusées, marquent le passage à une autre étape de la dite fête.

Terciera c'est l'île des vaches noires et blanches, et des taureaux. Il y a une semaine c'était la grande fête avec lâchés de taureaux dans la ville. Durant tout l'été, le week-end des lâchés auront encore lieu dans d'autres localités. Nous n'y assistons pas, mais partout dans les commerces, dans les cafés, des vidéos passent en boucle, montrant ces manifestations.

Nous visitons la forteresse, qui est utilisée par l'armée, donc pas de photos… même si depuis google on peut avoir toutes les vues que l'on veut. Notre remarque fait bien sourire le capitaine qui nous reçoit.
Dans cette forteresse, plusieurs époques se côtoient, tant au niveau des bâtiments que de l'armement (du canon du 17ème aux mitraillettes DCA de la 2ème GM). Au milieu de l'immense cours s'élève une église, dont la façade principale est majestueuse mais dans un état terrible de détérioration. Il n'y a pas qu'à Genève que nous avons de la mollasse pourrie. Dans le clocher il manque 3 des 4 cloches, et si par malheur celle restante devait se mettre à sonner… vaudrait mieux prendre ses jambes à son cou et partir.

Le samedi est étrange dans ces agglomérations portugaises. Les magasins ferment à 13h. Comme partout dans le monde occidental on pourrait imaginer que la population profite du samedi pour "faire les magasins". Nous sortons vers 13h du café et découvrons des rues vides, et des magasins fermés. Le trafic de la rue principal est également inexistant. J'avais à l'époque déjà été marquée par une ville morte le samedi à Bienne dès 15h, mais là il n'est que 13h. Bien sûr les magasins chinois restent ouverts. Après les avoir critiqués avec leurs marchandises de m… j'ai regardé les étiquettes dans une des échoppes d'habits… quelle surprise! Made in Portugal, Italie, France! Mais dans les autres, je ne suis pas sûr que tous les gadgets plastiques ne soient pas made in China! Malheureusement, nous n'avons plus de temps pour le vérifier…

A grand regret, nous abandonnons l'idée de visiter l'île de Saint-Miguel. Pour un des garde port d'Angra c'est une des plus belle île des Açores avec Flores. Mais le temps presse et nous devons bientôt rejoindre le continent. La météo s'annonce bonne pour le milieu de la semaine prochaine et nous décidons de rallier Praia da Vitoria, d'où nous pourrons directement prendre le large pour l'Europe.

Le garde port tout content de s'exprimer en français, nous parlera de son île. Nous lui faisons la remarque que toutes les nouvelles installations sont payées par UE. Non, les Açores qui jouissent d'un statut particulier, avec son propre gouvernement, est riche. Les financements de UE ne se font que pour 20%, le reste vient des Açores puis des communes. La TVA est différente du reste du Portugal. Nous lui suggérons que pour l'image des îles, ils devraient indiquer la part de chacun car les européens (allemands, hollandais,…) n'apprécient pas tellement de voir partout des financements européens.

Nous mouillons lundi 9 juillet dans la baie de Praia. Cette anse naturelle est protégée par deux digues, une au sud pour les installations portuaires, l'autre au nord pour les plages et la marina (qui a sa propre digue).
La ville de Praia fait penser à une petite station balnéaire. Cafés et bars sur le front de mer, un ou deux magasins de souvenirs, et une longue promenade le long des plages.
C'est aussi la ville la plus proche de la base aérienne américaine. A la fin de la 2ème guerre mondiale, après avoir profiter de la position des Açores proche du continent Européen pour y établir des bases, les Etats-Unis ont obtenu d'y laisser une base. L'île s'est en grande partie développe à cause de cette proximité, et l'équipe de basket fait même partie des 5 meilleures du Portugal. Actuellement toute fois, le contingent américain a été réduit au minimum. Mais dans les magasins, on trouve des frigos King size, des laves-linge jusqu'à 18kg…

A la marina, nous retrouvons Josiane et Vincent, des lyonnais, qui habitent sur leur bateau depuis 20 ans et en sont à leur deuxième voyage. Nous louons une voiture ensemble pour visiter l'île.
Cette île volcanique a plusieurs cratères. Le centre ressemble, avec ces collines et ces forêts, au Jura, mais avec des vaches fribourgeoises! Nous visitons deux grottes. La première est comparable à celle que l'on a visité à Madère. C'est le même principe géologique. La lave en refroidissant, et à cause des poches de gaz, a laissé des galeries dans le sol. Par contre, la deuxième est en réalité un cratère. Selon le guide, c'est le seul cratère ouvert au monde où l'on peut descendre à l'intérieur. En principe, après l'éruption, soit les bords s'effacent et obstruent le centre du cratère, soit la lave et les projectiles retombent et bouchent l'entrée du volcan. Ici la cheminée est accessible sur plusieurs dizaines de mètres de profondeur.

Nous profitons d'une dernière journée de beau (une des seule que l'on aura eu aux Açores! Mais c'est dès mi-juillet paraît-il que les journées deviennent ensoleillée!) pour flâner à la plage, puis le jeudi 12 juillet à 8 heure, nous mettons le cap sur Bordeaux.




PS: nous avons choisi de rejoindre la côte ouest de la France plutôt que Marseille, car avec une dérive en moins, impossible de remonter au près la Méditerranée. De plus ce trajet est bien plus loin et le temps nous est compté.
On est quand même un peu triste de ne pas retrouver nous amis au Frioul…

jeudi 26 juillet 2012

Sao Jorge


Vous attendez le résultat de la régate… OK on a pris un super départ, puis on a navigué en se faisant plaisir pendant 2 heures au moins, dont un bon moment côte à côte avec un vrai bateau de régate, qui n'arrivait pas à nous dépasser au vent et en passant sous le vent, de 1) il allait se retrouver couvert par Aloha toutes voiles dehors et 2) il devait nous éviter loin derrière à cause du zodiac!!!
Le capitaine, fatigué par une courte nuit… a décidé de se coucher. J'ai reçu pour ordre de ne pas abattre… j'ai pas abattu, les ordres d'un capitaine cela se discute pas si non on appelle cela une mutinerie (voir Jules Verne et "les Révoltés de la Bounty" que nous avons lu avec les enfants dans la première partie de la transat retour)… bref je touche rien… mais quand le capitaine émerge on est dernier! Vous imaginez sa tête "mais où sont les autres?" "Devant, ils ont abattu eux!". En fait on apprendra plus tard qu'un des voiliers classe "tourisme" comme nous et qui était derrière, avait mis le moteur!
Bon bref, on croise la ligne d'arrivée beau dernier… et les gens du club n'attendaient que nous pour plier bagages… et en plus on a joué le jeu jusqu'au bout, en tirant des bords pour pouvoir passer cette satanée bouée, Velas étant un trou un peu comme Rolle!
Au souper du soir, avec groupe folklorique local, nous avons reçu un prix (thons et fromage locaux) pour notre 4ème place sur 6 (un non partant et un abandon!).
On gardera un très bon souvenir de cette journée, et comme nous l'on demandé les membres du club, déçus par le peu de participants "touristes", faites de la pub pour l'année prochaine…

A Velas, nous arrivons le samedi marquant le début d'une semaine de la culture, et surtout de la musique. Un peu déçu, nous avons cherché le dimanche des représentations, mais tout semble se passer le soir. Les gens viennent des îles avoisinantes en vedettes rapides pour faire la fête.

Robin et Farah profitent de ce dimanche ensoleillé pour faire comme les locaux et se baigner à la plage municipale. Robin qui ne s'y attendait pas, court comme aux Antilles dans l'eau jusqu'au cou, et ressort illico tout surpris… l'eau a à peine 18°! Farah fait quelques allées et retours, et finalement ils mettent, un peu part défi, la tête sous l'eau! Dommage, ils sont encore trop jeunes pour la Coupe de Noël!

Le lundi, nous louons une voiture pour visiter l'île. Il n'y a pas de transport public, et si nous voulons profiter des différents paysages c'est le seul moyen.

Sao Jorge est une île toute en longueur et très verte. La partie ouest est composée de forêt et de champs délimités par des murs en pierre, alors qu'à l'est c'est plus des pâturages sans végétations hautes. Les collines ainsi partagées par les murets de pierre, donnant lieu à des prés de dimensions divers, me font penser à un tableau de Mongliani tout en vert.
La côte nord est composée d'immenses falaises qui par endroits laissent s'échapper un peu de terre plate allant mourir dans l'océan (des Faja). Le spectacle est grandiose.
Enfin à la pointe nord-ouest, nous découvrons un phare abandonné avec une architecture des années 50-60. Le lieu est étrange. Les fenêtres, les volets, le mobilier, tout a été évacué, il ne reste que des vestiges de parquet, aucun graffitis, ni tags. En même temps, autour, les herbes ont été fauchées. Avec Gil, on spécule longtemps sur la fonction de ces bâtiments qui entourent le phare. Il s'agit des logements pour 4 familles qui pouvaient y vivre en autonomie, avec production de leur propre énergie, récupération de l'eau, potager et petits animaux.

Comme il nous reste de moins en moins de jours avant notre retour en Suisse, et le mardi les vents étant favorables, nous quittons cette île à regret pour rallier Terciera.

mercredi 11 juillet 2012

Faial


Nous avons passé 2 semaines sur cette île mais à peine une d'activités… Il faisait froid, la pluie, le vent, le brouillard étaient souvent de la partie… Et du coup notre moral en a pris aussi un coup. Même si la température est au-dessus de 20°, on a froid…

Mais reprenons l'aventure là où nous vous avons quitté, soit le vendredi 15 juin en fin d'après-midi nous mettons les voiles sur Faial, la météo annonçant un vent d'est.
Le début de cette navigation est paisible, même calme, soit 1-2 nœuds. Puis au milieu de la nuit le vent forcissant, nous reprenons une allure de croisière à 5-6 nœuds. A cette vitesse nous sommes sûr de parvenir à Horta avant la nuit. En fin de matinée, Gil et moi sommes tranquillement installés à lire dans le cockpit quand boouummmm… Naïve je dis "c'est une baleine…" "T'as déjà vu une baleine brune rouille?". Et voilà que l'une de mes deux plus grandes peurs en mer (toucher un conteneur et les vagues scélérates) vient de se produire. Rapidement Gil descend noter les coordonnées et vérifier les fonds, voir si nous n'avons pas de voies d'eau. De mon coté je donne l'alerte sur la VHS, puis nous appelons Horta pour qu'ils diffusent l'information aux bateaux hors de notre portée VHF et surtout pour les bateaux qui devaient quitter Florès dans les heures qui suivirent notre départ.
Nous n'avons visiblement pas de voie d'eau. Gil devra plonger à Horta pour vérifier la quille et la dérive mobile.
Notre grande question est de savoir que vont faire les autorités? On voit un gros remorqueur passé dans la direction opposée. Va-t-il récupérer le dit conteneur? Visiblement pas. Pourquoi alors ne pas envoyer l'armée comme exercice pour détruire ces OFNI? Il semblerait qu'une loi oblige les conteneurs à être équipé de capsules provoquant une ouverture dans le caisson si celui-ci venait à s'immerger. Visiblement la loi n'est pas appliquée…

A Horta nous mouillons au milieu du port. La marina n'est pas la solution pour nous, on n'a vraiment pas envie de voir filer Gwada…
Horta est le port d'arrivée historique des transatlantiques. Dans la marina les bateaux sont amarrés à couple, à 3 voir 4 bateaux. Et chaque matin c'est le carrousel des bateaux pour libérer les premiers à quais qui partent après les derniers arrivés qui forment la dernière couche…
Au bar de la marina tous les navigateurs racontent leurs aventures, attendent des pièces pour réparer… et assistent aux matchs de l'Euro! On pleurera avec nos hôtes l'élimination du Portugal…
La légende veut que tout navigateur qui se respect doit aller au Peter's bar. C'est même dans tous les guides (pub gratuite!) mais c'est devenu commercial et plus accueillant du tout.
Autre tradition, marquer son passage sur l'île par une peinture sur les murs de la marina. Ces derniers sont multicolores. Certains navigateurs laissent de magnifiques œuvres. Farah et Robin préparent un projet que nous réalisons sur une marche du port. Quel travail… il faut laver l'emplacement, première couche… et comme la pluie est de la partie, il faut s'y prendre en plusieurs fois…
En ville, il n'y a pas grand chose. Une petite rue commerçante avec des magasins chinois. Nous sommes écœurés. Ils ont réussi à envahir aux Açores (après le Cap Vert), et ne respectent même pas les mœurs locales. Ils ouvrent tard le soir, le samedi après-midi (alors que les boutiques portugaises ferment à 13h) et même le dimanche.
Mais là n'est pas le pire… un jour sur le port, nous admirons la pêche du jour, des mètres cubes de thons. Le lendemain au marché, pas un thon à vendre. "Atun?" "No atun, atun psstt China". Et voilà tous les thons partent pour la Chine. Des bateaux attendent à l'extérieurs du port que les pêcheurs locaux leur livrent leur cargaison. Le comble serait qu'on apprenne que l'Europe subventionne les pêcheurs açoriens…

Les transports publics sur l'île sont quasi inexistants. Nous pouvons seulement faire un tour de l'île sans escale, il n'y a qu'un bus par jour! On dit de Faial c'est l'île bleue, à cause des haies d'hortensias. On est vraiment déçu, soit alors on est trop tôt ou tard. Mais rien de grandiose sur cette île.

Depuis Horta nous rallions l'île de Pico par navette rapide. L'île est dominée par le cratère d'un volcan qui est le plus haut sommet du Portugal. En hiver il est même recouvert de neige.
Nous parcourons une partie de l'île en bus, visitons une autre petite ville, puis rentrons le soir à Horta.
Ce qui est magnifique à Pico ce sont les vignes. Les ceps sont protégés par des murets de pierre de lave.

Les derniers jours Robin rencontrera deux petits copains moussaillons nés comme lui en août 2006. Tous comme nous ils sont sur le chemin du retour pour en septembre commencer véritablement l'école. J'image que pour ces trois p'tits gars, après des mois de liberté la rentrée va être difficile… Alfred est devenu un vrai pote pour Robin, et comme l'équipage de Fantaisie attend une pièce pour leur pilote, Robin est vraiment déçu de quitter son nouveau copain. Peut-être les reverra-t-on dans une autre île des Açores.

Après une négociation acharnée, Gil accepte de participer à une régate de ralliement pour notre escale suivante. Pourquoi refuser quand l'inscription est gratuite que deux soupés sont offerts, que la place de port à Velas est réservée et gratuite, et que de toute façon nous avions décidé ce jour-là de nous rendre aussi à Sao Jorges? Mais voilà Gil est un battant et il ne peut pas participer à une régate avec un bateau non caréné, une voile déchirée et une dérive manquante (ah! Oui résultat de notre aventure avec le conteneur, nous n'avons plus de dérive mobile; donc cela va être galère au près).

Le samedi 30 juin nous coupons la ligne de départ de la régate à la seconde près… Un de nos meilleures départ de course! 

mardi 19 juin 2012

Flores


Flores est une petite île des Açores, la plus à l'ouest. Lajes das Flores a depuis une année une marine, mais très petite qui théoriquement n'accepte que les bateaux de moins de 10m (en pratique ils acceptent tout le monde!). Nous restons au mouillage, et on préfère cela, car nous avons peur que Gwada (le chat) se ballade sur l'île, qu'il aime cette nouvelle liberté et ne revienne jamais à bord!
Aux Açores, il y a une "guéguerre" des ports… Horta, sur l'île de Faial, veut conserver la première place en tant que port d'arrivée des transatlantiques, alors que sur l'île de St-Miguel (la principale et où se trouve l'administration), Ponta Delgada voudrait devenir la plus grande marina. Alors quand Lajes a voulu construire son port, s'est la version light qui a été acceptée et financée!
Ceci dit le port, son capitaine, son adjoint et toute la ville derrière sont super accueillants, ouverts, aimables, ils veulent tous vous aider… Bref, on aime cette petite île.

Au port, tous les marins se retrouvent souvent en petits groupes, chacun raconte son aventure, sa traversée. C'est comme une famille. Gil devient de plus en plus fier (même un peu trop!) car nous avons un des meilleurs temps de traversée (mais aussi un des pus grands bateaux!).
On a tous des frissons quand un marin nous relate l'histoire d'un bateau qui a coulé à environ 500 miles des Bermudes, pendant la même période que nous avons traversé. Le bateau a vraisemblablement heurté un conteneur, et a perdu la quille. Une grande voie d'eau a coulé l'embarcation. Notre reporter, qui a pu suivre le sauvetage par radio, a raconté qu'un avion est venu rapidement larguer un nécessaire de survie aux naufragés, et qu'un cargo a été dérouté pour les récupérer.
Après des histoires comme celle-là on se rend compte que l'on n'est pas grand chose au milieu de l'océan. Souvent on ne voit pas un bateau, mais certains arrivent à croiser la route de conteneurs, mesurant quoi… 15m par 2.50… Gil a une remarque qui me surprend: "heureusement ce n'était qu'un couple. Qu'est-ce que ce serait s'il y avait eu des enfants"…

L'île est un ovale verdoyant, que malheureusement nous n'avons pas vu sans nuage… nous n'avons jamais vu son sommet et c'est dans un jour blanc que nous avons parcouru une bonne partie de l'île en voiture. Impossible d'admirer les lacs dans le cratère au sommet… et on n'a même pas trouvé une carte postale pour en garder un souvenir!

Sur les routes de campagne, des centaines de petits lapins de Garenne (lire kiko de Garenne si vous êtes sur un bateau, ou bête à longues oreilles ou encore écrevisse des champs) détalent devant la voiture. Ils sont petits, avec des oreilles courtes et une petite queue blanche et sautillent pour rejoindre la Garenne verdoyante.
Cette garenne, pour le peu qu'on en a vu, me fait penser à un jardin japonais, comme celui sur les hauts de Nendaz.

Sur notre route nous découvrons un moulin. La meunière (elle m'a fait pensé à Grand-maman de Crans) se fait un plaisir de montrer toute son installation rustique aux enfants. Elle a expliqué, en Portugais, le fonctionnement depuis l'arrivée de l'eau jusqu'au système d'entraînement sous le moulin. Au début en raison d'herbes qui encombraient le ruisseau d'alimentation, la meule ne fonctionnait pas. Mais juste avant notre départ, un paysan est revenu, une faux sur l'épaule, et alors la meunière a mis en fonction une des deux meules. Robin est resté admiratif et muet (pour une fois) devant cette installation sophistiquée et si vieille. La meunière était émue à voir Robin!

Malheureusement, à cause des prévisions météo, nous devons quitter l'île vendredi en fin d'après-midi. Un fort vent d'est est annoncé, et la digue ne protège pas le mouillage (et même semble-t-il que dans la marina les bateaux sont pas mal secoués sous ces vents). Dommage, on y était bien à Flores…

jeudi 14 juin 2012

Traversée retour (première partie)


Comme nous en avons pris l'habitude depuis le début de notre aventure, c'est en fin d'après-midi que nous levons l'ancre pour une longue étape. Nous quittons Saint-Martin le dimanche 27 mai. Nous laissons l'île à notre tribord alors qu'à bâbord nous longeons Anguilla. Il faut que l'on passe avant la nuit la pointe de cette île, car un groupe de rocher y est en embuscadé. Puis nous mettons toutes les voiles direction nord.

La première traversée était "techniquement" facile. Il n'y avait qu'un vent, l'Alizée, qui ne pouvait que nous pousser vers l'ouest. La traversée retour demande de connaître la météo, car il faut jouer avec les anticyclones. On doit trouver notre route entre les hautes et basses pressions. Si l'on s'approche trop du centre de la haute pression, il n'y aura plus de vent, alors que si l'on s'approche du cœur de la basse pression, et en fonction de sa puissance, on risque de très forts vents, avec la mer qui l'accompagne. Les vents tournent autour du cœur des anticyclones (dans le sens des aiguilles d'une montre pour la haute pression, et inversement pour la basse pression), ils nous restent donc à trouver notre chemin au milieu.

Les premiers jours nous mettons le cap au nord-est, avec une moyenne de 5 nœuds. Le temps est agréable, il ne varie pas de ce que nous avons connu les 6 derniers mois. A bord, on s'organise entre lectures, écoles, jeux, cuisine et activités créatrices (Aloha est devenu une usine bracelets brésiliens!). Au coucher du soleil, on ne perd pas les bonnes habitudes, ti'punch et planteur.

Chaque soir, 19h45 UTC (soit en fin d'après-midi pour nous) c'est "les calculs" comme dit Robin. Comme cela avait bien marché dans la première traversée, nous faisons noter aux enfants la progression du bateau, calculer les miles totaux, les miles restants, la moyenne du jour, la date prévue d'arrivée, et la position sur un graphique. Cette fois, Robin tient son propre tableau. Il additionne les miles et reporte sur son graphique les coordonnées. Chaque soir il est impatient de faire "les calculs".

Comme nous n'avançons pas trop vite au début, je m'aperçois que l'on aura trois anniversaires à fêter durant cette traversée: nos 10 ans de mariage, autour du 30 mai! (comme c'est en principe nos mamans respectives qui nous rappelle le jour J, cette année on est bien embêté!), les 44 ans de Gil et mes 45. Pour l'anniversaire de Gil, on oublie le gâteau fait maison et la bougie, le vent soufflant de plus en plus fort, on est un peu dans un shaker pour se mettre à faire de la pâtisserie! Comme on va le voir, notre vitesse de croisière va s'accélérer et les perspectives d'arrivée calculer par les enfants vont se rapprocher du 14 juin… la question deviendra fêtera, fêtera pas mon anniversaire en traversée? Ca serait cool de pouvoir aller au resto ce jour-là, en espérant en trouver au port où l'on débarquera!

Durant la première semaine, nous n'apercevrons qu'un chalut de pêche au loin. Nous verrons la version moderne (soit plastique) de la corbeille de Moïse voguer à quelques mètres du bateau, et plus loin une espèce de bouée d'amarrage qui devait être une balise. Si non, le paysage s'est des vagues, des vagues et encore des vagues! Le ciel varie plus, en début de journée il est souvent dégagé, et se couvre dans l'après-midi. Parfois on aperçoit une trace d'avion, et l'on peut se demander si un passager qui regardait par le hublot nous apercevrait? Mais même si cela n'est pas varié, je ne me lasse pas à regarder cette étendue d'eau, et essayer de réaliser que je suis au milieu de cette immensité, de faire le plein de sentiments que l'on ne peut ressentir qu'ici afin de pouvoir en parler plus tard.

Le 7ème jour alors que les vents nous ont abandonné, et que Gil a mis, à ma grande surprise, sans attendre le moteur, nous voyons au large notre premier cargo. Cette fois on se lance, et par VHF on demande la météo. En principe les cargos répondent toujours aux navigateurs, en mer on ne peut compter que sur les autres embarcations en cas de problèmes. (Nous avons croisé à Marigot, un couple qui faisant route vers les Açores a perdu le mât. Ils ont du rebrousser chemin et faire plus de 200 miles au moteur, à 1.5 noeuds. Or leur capacité gasoil était bien inférieure. Par radio, ils ont obtenu de l'aide de deux cargos qui se sont déroutés pour leur apporter de l'essence. Quand le skipper a demandé combien il devait au capitaine du cargo, c'est tout juste s'il ne s'est pas fait engueulé!) Avec les enfants on espère que nous n'obtiendront pas la même réponse qu'un des participants à la mini-transat en solitaire qui s'était vu répondre, alors qu'il désirait juste parler avec un cargo croisé en pleine mer: "Je ne suis pas chargé de faire la conversation avec les voiliers de passage. Au revoir." * Bref, je demande donc la météo. Toute la conversation se passe en anglais. Le radio du cargo est très sympa, me répète sans problème les chiffres, nous dit de continuer sur notre route vers le nord, car nous allons retrouver une basse pression en formation sur la Virginie. Mais quand on reprend les chiffres sur la carte, on a de la peine à situer les anticyclone, s'est un peu flou. Comme d'habitude, les chiffres anglais et moi on n'est toujours pas copains! Par chance, le même jour, un second cargo passe au large. Une nouvelle fois on tente notre chance. Le radio n'est pas de langue anglaise et j'ai plus de facilité à le comprendre. Cette fois je répète en épelant tous les chiffres. Mais avec Gil on mélange tout: latitude, longitude, coordonnées nord sud. Il met de nouveau en doute ce que j'ai pris en note!  OK OK demain on appelle Farid et on lui demande la météo en français! Et les infos transmises sont d'une telle qualité, que Gil l'appelle dès lors tous les deux jours pour faire le point.

Grâce aux informations obtenues, nous continuons deux jours au nord-est, puis commençons à nous diriger de plus en plus est, cap sur les Açores. Dès le 10ème jour, nous rencontrons des vents à plus de 25 nœuds, les moyennes journalières augmentent à près de 8 nœuds, voir un jour à 8,3. On bat notre record en parcourant 199 miles en une journée.

Le temps a changé. On dirait même que c'est l'automne! C'est un peu brumeux, la visibilité est fortement réduite. Il pleut parfois, mais surtout le taux d'humidité est monté à 80%. Tout est humide dans le bateau, et ce n'est pas très agréable de se coucher dans des draps moites… Même s'il fait plus de 22° dans le bateau et plus de 24° à l'extérieur, on a froid! On sort les t-shirt, puis rapidement les pulls et les pantalons de training. Est-ce qu'en août à notre retour à Genève devra-t-on sortir les doudounes?! Avec ce temps, nous abandonnons l'apéro de 18h au profit du thé de 17h!
Au contraire de la première traversée, Robin s'ennuie souvent, il demande toujours "j'peux faire quoi", et malgré nos multiples propositions il n'est jamais satisfait. Farah elle a adopté une formule qu'elle nous répète chaque soir (comme chaque enfant le dit souvent) "on fait quoi demain?"! C'est vrai que le programme d'activité ne varie pas trop…

Les trois derniers jours notre moyenne faiblit à nouveau, entre 5.3 et 6.7. Le 15ème jour nous hissons le pavillon Portugais. Cela mais de l'espoir. A la tombée de la nuit, nous ne sommes plus qu'à 50 miles des côtes mais n'apercevons toujours pas la terre. 2 dauphins viennent nous souhaiter la bienvenue et Gil va passé une nuit blanche. Il n'aime pas dormir si près des côtes. Il a toujours peur qu'il y ait des erreurs sur les cartes. Selon nos calculs, nous devrions arriver de nuit, ce qui n'est pas recommandé pour entrer dans le port de Lajes das Flores… Devra-t-on réduire les voiles pour ralentir l'allure?

Au petit matin, je suis réveillée par Gil qui range affale les voiles et change de cap. Je sors sur le pont et admire devant moi, Flores prise dans les nuages. Au moment d'affaler les voiles et entrer au moteur dans le port, 2 dauphins sont à nouveau à nos cotés.

Après 15 jours et 12 heures, 2'260 miles à une moyenne de 6,075, nous mouillons devant la digue de la marina de Lajes das Flores.





* 25 jours en mer, 6 histoires de voile, aux éditions Fleurus


dimanche 27 mai 2012

Saint-Martin


Saint-Martin est une île particulière puisqu'elle est partagée entre la France et les Pays Bas (certains disent ici que maintenant elle est 100% aux mains de Hollande!). La frontière partage l'île d'est en ouest uniquement sur les cartes, car il n'y a rien de physique sur le terrain.

Ici on parle anglais pratiquement des deux cotés et le dollar est la monnaie la plus courante. Le change se faisant le plus souvent 1€ = 1$, notre portemonnaie est vert de monnaie!
Gil s'irrite quand du coté français on lui parle ou que c'est écrit uniquement en anglais. C'est vrai qu'ils ont une particularité et qu'ils devraient la conserver.

On différencie bien les deux pays: le coté hollandais est propre! (en tout cas plus que le coté français), les commerces sont plus florissants (beaucoup d'arcades fermées coté français), il vaut mieux en général faire ses achats en Hollande (sauf par exemple l'essence!), mais surtout surtout il faut manger coté français! Et aussi y acheter certains aliments (fromages pains,…).

Philipsburg est le chef lieu de la partie hollandaise. Le centre ville est tourné vers le tourisme de croisiériste. On se croirait à Key West… c'est une alignée de boutiques de luxe, de bijouteries, … Le centre est bien plus animé que le centre de Marigot chef lieu français.

Nous profitons de faire quelques achats techniques car ici tout est vendu duty free et de ravitailler le bateau en produit frais pour la traversée.

Nous sommes invités à passer un dimanche dans un hôtel, et les enfants profiteront de la piscine. En fait ils y passeront 90% du temps! Et au lieu d'avoir les yeux qui piquent à cause du sel, ils sortiront les yeux rougis par le chlore!

Nous passons une partie de la dernière semaine à Grand Case, genre vacances balnéaires, dans une des eaux les plus turquoises que nous ayons eu depuis le début de notre aventure. En trois jours, Gil observera trois raies… une en plongée, une en nettoyant la coque du bateau, et une en regardant les étoiles…

En fin de semaine, nous préparons la grande traversée, soit environ 3 semaines: avitaillement en frais, grands rangements et nettoyages, ….
Samedi soir nous organisons notre dernier barbecue avec nos nouveaux amis de Saint-Martin, avant que dimanche ou lundi en fonction de la météo nous levions l'ancre.

jeudi 24 mai 2012

Antigua


Nous avons quitté à 3 heure du matin Saint-François le 15 mai et c'est en milieu d'après-midi le même jour que nous ancrons à l'entrée de la baie cachée de English Harbour.
C'est ici que les anglais, sous le commandement du général Nelson, attendrons caché les français. Tous les vaisseaux français seront coulés, alors que les sujets de sa majesté n'essuieront aucune perte (fin de la page historique!).

Antigua est connu pour ses régates. Nous avions eu écho qu'à English Harbour, on trouvait des pubs typiques anglais, qui le soir se remplissaient de navigateurs. Bref, un spot à ne pas manquer pour les informations.
Et bien on a loupé quelque chose, car il n'y a personne ou presque. En fait, on sent bien que c'est la fin de la saison. Les bateaux, à l'exception d'une dizaine ont tous déjà quitté cette zone. Sommes-nous les derniers à ne pas avoir rejoint le sud ou avoir quitté les Antilles pour le nord? La saison des ouragans arrive "sauve qui peut"!
Nous ne passons qu'une nuit à Antigua. Le premier soir, dans un pub désert, on est dévoré par les moustiques. La serveuse a pitié et nous tend une bombe protectrice!

Le lendemain, nous traversons le sud-ouest du pays pour rejoindre la capitale, Saint-John. L'intérieur de la ville ressemble à toute les autres "villes" des Antilles anglophones, alors qu'au quai c'est un village de boutiques, parfois haut de gamme, qui attendent les touristes des bateaux de croisières qui peuvent être jusqu'à 4 amarrés au ponton. C'est vraiment deux mondes différents, qui ne se mélangent pas à de rares exceptions.
Les touristes sont parfois emmenés à bord de bus climatisés pour visiter les ruines anglaises, vestige des batailles pour la lutte des possessions antillaises, tel English Harbour.

Nous en avons assez vu, et en fin d'après-midi, nous mettons les voiles sur Saint-Martin, notre dernière escale avant la traversée de l'Atlantique. De nuit, nous apercevrons Saint-Barth, Monserrat (pas de fumée ne sortant du volcan encore actif), et au petit matin, nous mouillons devant l'entrée du lagon de Simpson bay.

Guadeloupe bis


Faisant route pour Marie-Galante, un troupeau de dauphins vient jouer la proue du bateau. Comme à chaque fois tout l'équipage se rue à l'avant pour admirer le spectacle. Parmi eux il y a une mère et son petit.

A mi-chemin, conformément aux prévisions météo, Eole nous abandonne et c'est au moteur et de nuit que nous rejoignons la baie de Saint-Louis à Marie-Galante.

Nous passons une semaine sur l'île, car nous sommes dans l'attente d'un paquet qui doit arriver à Saint-François, en Guadeloupe. Selon nos dernières informations, la baie de St-François est devenue payante depuis notre dernier passage… nous préférons donc rester à Saint-Louis.

Marie-Galante est pour nous l'île française la plus agréable. Il y a peu de "métros", pas de grands hôtels, mais que des gîtes. Les habitants sont travailleurs, et très ouverts.
C'est ici que nous aurons les résultats des élections françaises. Deux jours après, un camion de pompier affichait déjà "en grève"!
L'île est en pleine récolte de canne à sucre, et les camions chargés de cannes affluent à la raffinerie. Les mangues également tombent comme des pommes et beaucoup ne sont même pas ramassées. Parlant avec une vieille dame, elle m'a appris qu'ils ne faisaient même pas de confiture ou gelée, mais uniquement des jus. Quel gâchis pour nous qui payons ces fruits si cher en Europe.

Au bar de la plage, la tenancière est très loquasse, et nous pourrons approfondir nos connaissances sur l'île. Nous sommes choqués (tout comme elle) d'apprendre qu'en haute sphère (certainement à Paris) il a été décidé que l'île devrait cesser la production de canne à sucre, alors que c'est ici la seule culture! Il y a trois grands producteurs de rhum (les meilleurs des Antilles, on en rapporte suffisamment (7x4,5l) pour que vous puissiez tous goûter!) et une coopérative pour la production du sucre. Lors de l'abolition de l'esclavage une partie des terres a été distribuée au créole. Ainsi il y a beaucoup de petits producteurs de cannes. Que vont-ils faire si vraiment cette décision est appliquée, ils ne savent rien cultiver d'autre.

A la télévision locale, nous apprenons qu'en Guadeloupe, la raffinerie de sucre est en grève depuis 2 mois alors qu'ils sont en pleines récoltes! Et trois jours après que la France soit devenue Hollandaise, une grève générale est annoncée. Nous craignons que notre colis soit retardé. Finalement seul environ 5% se mettront en grève, bloquant notamment l'accès aux stations d'essence et aux grands centres commerciaux.

Le lundi 14 mai nous rejoignons Saint-François. A peine arrivé, nous apprenons que les nouvelles bouées de la baie ne sont pas encore payantes (pour non réception), mais surtout qu'elles ne tiennent pas et qu'ils faut donc surtout pas les utiliser. Un bateau a déjà fini dans le corail.
A terre, nous retrouvons notre ami Jean-Michel et sa femme Emmanuelle. Nous lors comptons nous aventures des 6 derniers mois. Emmanuelle trouve que les enfants ont bien grandi… que vont dire alors tous nos amis en Suisse?

Le paquet est arrivé, et nous pouvons dans la qui nuit suit larguer les amarres pour Antigua, poursuivant notre route vers le nord.


vendredi 11 mai 2012

La Dominique


Comme nous atteignons le sud de l'île en fin d'après-midi, nous jetons l'ancre pour la nuit dans l'anse au sud de Roseau la capitale. Sans mettre pied à terre, nous continuons notre route le lendemain jusqu'à Portsmouth, 2ème ville du pays au nord, seule anse relativement protégée.

L'île de la Dominique est très montagneuse. Les pans de montagne finissent généralement directement dans la mer. Du coup il n'y a que très peu de plages de sable. A l'ouest la route suit en grande partie la cote, elle a été gagnée sur la mer ou tranchée dans la montagne. C'est une île très verte, et on y compte 365 rivières. Les cascades et les petites piscines naturelles sont nombreuses, c'est l'un des attraits principaux du tourisme.
Enfin, le pays a accueilli le tournage de Pirates des Caraïbes II, et les sites sont tous indiqués sur les cartes!

Le samedi nous nous rendons au marché. Nous savons par Damien que les légumes et les fruits sont excellents et bon marché. La rue principale est fermée à la circulation, tout comme les grilles du super moderne marché aux poissons. "Vous êtes trop tard il faut venir entre 5 et 10h". Ca c'est vraiment pas des heures pour Gil sauf s'il va plonger… Le samedi suivant, nous raterons encore le poisson!

Le dimanche soir, les guides indépendants de la réserve de la Rivière Indienne organisent un barbecue pour les navigateurs. Certains navigateurs disent ne pas avoir besoin de cela pour faire connaissance ou danser. Peut-être mais je trouve que ces guides se donnent de la peine d'animer leur ville et qu'il faut les encourager, ce d'autant qu'une américaine a monté une société et qu'elle cherche à mettre la main sur le business du tourisme dans la réserve.

Les guides vous accostent dès votre arrivée dans la baie, et parfois même au large. Ils vous proposent des boues (qui devraient être obligatoire mais que personne ne respecte!) et vous proposent leurs services. Ils vous vendent fruits et légumes, prennent vos poubelles (depuis une année l'état a organisé le ramassage des ordures et les poubelles)… Rentrer dans leurs jeux c'est aussi faire connaissance et assurer la sécurité du votre bateau durant vos absences. La plus part parlent français. L'île est prise en sandwich entre la Guadeloupe et la Martinique, et n'a pas d'aéroport international. Ils sont donc journellement reliés aux îles françaises qui y déversent chaque jour un grand nombre de touristes, à la journée ou pour quelques jours.

Le début de notre séjour, soit les premiers jours de mai, fut très arrosé. Il a plu presque continuellement. L'ambiance à bord du bateau est devenue tendue, pas d'activités possibles à terre et les capots d'Aloha devaient continuellement être fermé. A l'intérieur il fait très chaud, pas facile de se concentrer pour l'école ou tout autres activités.

Lors d'une échappée à terre, un pêcheur a proposé d'emmener Gil pour apprendre à pêcher le marlin. Jeudi 6 heures, Gil l'attend sur le pont. Hélas, nous sommes toujours maudits, le programme du pêcheur a changé, il doit poser des pièges ce jour-là… Troisième tentative, troisième échec. Arrivera-t-il enfin à partir pêcher avec un local?

Nous avons concentré toutes nos visites le vendredi. Debout 7 heures pour rejoindre avec notre guide la Rivière indienne. Le matin il fait plus frais et l'on peut encore voir les animaux: iguane, hérons, crabes de terre, poules d'eau, caméléons, …
Nous remontons la rivière à la rame car les moteurs sont interdits. Notre guide nous fait découvrir la faune et la flore, mais aussi des histoires de son pays.
De retour sur Aloha, c'est l'heure habituelle pour notre déjeuner! Nous décidons de continuer la visite en partant à la découverte de l'île. Grâce à trois taxicos, nous traversons l'île vers la cote est, nous la longeons puis retraversant à travers les hauts sommets, malheureusement tellement arrosé que nous ne voyons rien. Nous rejoignons Roseau pour une brève visite. Il n'y a rien de particulier dans cette capitale, comme toutes les autres villes des Caraïbes, elle tourne le dos à la mer…
Nous remontons en fin d'après-midi le long de la cote direction Portsmouth.

Dans un premier temps ne pensons rester jusqu'au mardi, jour où les vents devraient être favorables pour rejoindre Marie-Galante. Mais le samedi durant notre marché, le vent vient exceptionnellement de l'est. Nous achetons rapidement fruits et légumes, poissons et décidons de larguer aussitôt les amarres pour Marie-Galante.